L'itinérance est bien plus qu'une absence de logement. Elle est le reflet de parcours de vie marqués par des ruptures, des inégalités, des pertes — mais aussi par le courage, la résilience et la solidarité.
Le Réseau des Musées de l'itinérance du PACTE 241 - Canada est né de la volonté de préserver cette mémoire collective, de reconnaître la dignité des personnes concernées et de transmettre leurs histoires aux générations présentes et futures.
Chaque Musée du réseau constitue un lieu de mémoire, d'éducation, de dialogue et de reconnaissance.
Préserver, documenter, transmettre.
Le Réseau des Musées de l'itinérance a pour mission de préserver, documenter et transmettre la mémoire des personnes ayant vécu ou vivant une situation d'itinérance, de sensibiliser le public aux réalités de l'exclusion sociale, et de reconnaître les parcours de rétablissement, d'inclusion sociale et de participation citoyenne rendus possibles grâce aux organismes socio-communautaires qui accompagnent ces personnes.
Un patrimoine vivant, partout au pays.
Construire, partout au Canada, un patrimoine vivant consacré aux réalités de l'itinérance, afin que chaque histoire puisse être connue, reconnue et transmise.
Parce qu'une société qui préserve la mémoire des personnes les plus vulnérables devient une société plus juste.
Six principes qui guident chaque Musée du réseau.
La dignité
Toute personne possède une valeur intrinsèque qui mérite respect, indépendamment de son parcours.
L'authenticité
Les récits présentés reposent sur des témoignages vérifiés, documentés et réalisés avec le consentement éclairé et écrit des personnes concernées.
La mémoire
Le Musée conserve des histoires humaines qui, autrement, risqueraient de disparaître.
La solidarité
Le Musée reconnaît le rôle essentiel des organismes socio-communautaires, des intervenants, des bénévoles, des proches et des collectivités.
L'inclusion
Le Musée lutte contre les préjugés en favorisant une meilleure compréhension de l'itinérance sous toutes ses formes.
Le pouvoir d'agir
Le Musée honore l'autodétermination des personnes, leur rythme et leurs objectifs propres — jamais une trajectoire imposée.
L'espace d'honneur de chaque Musée.
Le Panthéon constitue l'espace d'honneur de chaque Musée. Il reconnaît des personnes dont le parcours témoigne d'une démarche de rétablissement, d'engagement, de résilience ou d'une contribution significative à la lutte contre l'itinérance.
Le Panthéon n'établit aucune hiérarchie entre les personnes. Il reconnaît des histoires humaines, une à une — et ensemble, une résilience collective.
Une identité propre à chaque ville.
Chaque Panthéon est organisé en Allées, reflet de l'identité propre à chaque Musée. Chaque nouveau Musée du réseau pourra développer sa propre architecture mémorielle, dans le respect de la présente Charte.
Ottawa — musée géographique
Les Allées portent le nom de lieux réels ayant marqué des parcours vécus dans la capitale. La ville elle-même devient une archive vivante.
Montréal — musée des trajectoires
Les Allées représentent des trajectoires de vie illustrant la diversité des réalités de l'itinérance — chacune une étape symbolique du rétablissement.
Gardiens et passeurs de mémoire.
Les organismes socio-communautaires occupent une place centrale dans la mission du Musée. Par leur relation de confiance avec les personnes qu'ils accompagnent — et par une approche globale qui respecte le rythme, les besoins et les objectifs propres à chacune —, ils sont les mieux placés pour documenter, avec un consentement éclairé et écrit, des récits authentiques et fidèles aux parcours vécus.
À ce titre, ils sont les seuls habilités à soumettre des profils au Panthéon. Cette responsabilité prolonge une pratique déjà bien établie : celle de rendre compte, publiquement, de l'impact de leurs programmes de réinsertion et de réintégration sociale. Le Panthéon donne un visage à ce que les statistiques ne peuvent montrer à elles seules.
Cette démarche s'inscrit dans la continuité d'Histoires d'Accueil — Récits de renaissance et de dignité au Canada, portée par les Éditions Florissa-Courtney — une collection jusqu'ici ancrée au Québec et désormais élargie à l'ensemble du pays. En Ontario notamment, elle prend aussi le sens d'une promotion active de la langue française.
Le Musée reconnaît également la contribution des gouvernements, des collectivités, des fondations, des chercheurs, des établissements d'enseignement et de toute organisation qui participe à la lutte contre l'itinérance.
Une mémoire préservée avec intégrité.
Le Réseau des Musées de l'itinérance s'engage à préserver cette mémoire avec intégrité, indépendance et respect.
Chaque portrait présenté rappelle qu'au-delà des statistiques se trouve une personne, un nom, un visage, une histoire et une dignité qui méritent d'être reconnus.
Le Musée n'a pas pour vocation de parler à la place des personnes : il leur offre un espace où leur histoire peut être transmise dans le respect de leur parole, de leur parcours et de leur contribution à la société.
« Nous croyons qu'une société se mesure aussi à la manière dont elle se souvient de celles et ceux qu'elle a trop souvent laissés dans l'ombre. En donnant un nom, un visage et une histoire aux personnes ayant vécu l'itinérance, nous ne construisons pas seulement un musée : nous contribuons à bâtir une mémoire collective fondée sur la dignité, la solidarité et l'espoir. »